Enzymes digestives :
huit enzymes digestives, leur fonctionnement et leur utilisation
Les enzymes digestives ne sont pas seulement pertinentes dans l’IPE. Le stress, la vieillesse, la nourriture sèche, les lésions intestinales et l’inflammation chronique de faible intensité font que la digestion enzymatique est insuffisante. Parfois temporairement, parfois structurellement. Les enzymes digestives fournissent les huit enzymes qui couvrent ensemble l’ensemble du cycle digestif.
Par Stefan Veenstra DVM
Pourquoi les enzymes digestives deviennent-elles déficientes ?
Chaque absorption alimentaire commence par une dégradation enzymatique. Les protéines, les graisses et les glucides sont trop volumineux dans leur régime alimentaire pour être absorbés par l’épithélium intestinal. La conversion en unités absorbables nécessite une interaction entre les enzymes gastriques, pancréatiques et intestin grêle, chacune ciblant son substrat spécifique. En cas de carence, l’aliment est incomplètement digéré, les nutriments sont insuffisamment absorbés et le substrat non digéré dans le gros intestin provoque une croissance bactérienne dysbiotique.
Ce qui est moins connu, c’est que la sous-capacité enzymatique ne se produit pas seulement dans les maladies cliniques. Le déclin subclinique de la fonction dû au stress, à une inflammation chronique de faible intensité, à la vieillesse et à la consommation d’aliments ultra-transformés est un problème sous-estimé. La nourriture sèche extrudée ne contient aucune enzyme alimentaire active après avoir chauffé au-dessus de 70 degrés. Les animaux qui consomment uniquement de la nourriture sèche dépendent de leur propre sécrétion pancréatique pour assurer leur charge digestive enzymatique complète.
Les huit composantes des enzymes digestives
Amylase, lipase et protéase : le noyau pancréatique
L’amylase, la lipase et la protéase sont les trois principales enzymes de la sécrétion pancréatique exocrine. L’amylase décompose les polysaccharides en maltose, glucose. La lipase hydrolyse les triglycérides en monoglycérides et acides gras libres. La protéase est un nom collectif pour les protéases à sérine (trypsina, chymotrypse, élastase) qui découpent les protéines en peptides et acides aminés à des positions spécifiques d’acides aminés. Ensemble, ces trois enzymes couvrent toute la digestion des macronutriments dans le duodénum.
Pepsine et bétaïne : la phase gastrique
La digestion des protéines commence dans l’estomac via la pepsina, une endopeptidase active à faible pH (pH optimal 2-3). La pepsine dépend d’une sécrétion gastrique adéquate. Si la production d’HCl est trop faible, la pepsine est insuffisamment activée. Le chlorhydrate de bétaïne délivre le HCl exogène et abaisse le pH gastrique à la plage optimale pour l’activation de la pepsine. Pertinent mécaniquement chez les animaux présentant une réduction de l’acide gastrique liée au stress, chez les animaux âgés et avec l’utilisation d’inhibiteurs de la pompe à protons.
Bromélaïne : protéolytique et anti-inflammatoire
La bromélaïne est un mélange de protéases de cystéine issues du rhizome d’ananas avec un profil d’action double. En tant qu’enzyme digestive, elle décompose les protéines à un pH neutre à légèrement alcalin. En plus de son action protéolytique, la bromélaïne possède une activité anti-inflammatoire directe via la modulation de la production de bradykinine, l’inhibition de l’agrégation plaquettaire et la réduction de la production de prostaglandine E2. Chez les animaux atteints d’inflammation intestinale chronique, la bromélaïne offre ainsi un effet anti-inflammatoire supplémentaire en plus du soutien digestif.
Papaine : digestion des protéines et soutien immunitaire
La papaïne est une cystécénoprotéase de la papaye avec une activité protéolytique large à pH neutre à alcalin. La papaïne soutient le système immunitaire par la modulation de l’activité des macrophages. La papaïne est complémentaire à la bromélaïne : les deux sont des enzymes protéolytiques végétales mais avec un profil de substrat et un pH optimal légèrement différents, ce qui donne ensemble une dégradation plus large des protéines que chacune individuellement.
Cellulase et lactase : substrats spécifiques
Les chiens et les chats ne produisent pas de cellulase endogène. La supplémentation en cellulase facilite la fermentation des fibres végétales dans le côlon proximal en ouvrant partiellement la structure à la fermentation du microbiome, ce qui réduit la formation de gaz et le stress de fermentation chez les animaux avec des régimes riches en fibres. La lactase est pertinente chez les animaux intolérants au lactose qui consomment des produits laitiers, ce qui est courant chez les chiens adultes et les chats en raison de la diminution de l’expression endogène de lactase après la période de téte.
Les enzymes digestives sont des protéines et sont donc susceptibles à la dénaturation dans l’environnement à faible pH de l’estomac (pH 1,5-3,5). Une préparation enzymatique non protégée perd une grande partie de son activité avant d’atteindre le duodénum. La capsule résistante à l’acide gastrique des enzymes digestives protège les enzymes et assure une libération contrôlée dans le duodénum et le jéjunum proximal, où l’activité enzymatique est directement utilisable pour le bolus alimentaire.
Quand la supplémentation en enzymes est-elle utile ?
Supplémentation enzymatique à vie à chaque repas. Les enzymes digestives réduisent la malabsorption et favorisent la prise de poids ainsi que la normalisation des selles. Toujours sous supervision vétérinaire et après diagnostic de TLI.
La supplémentation en enzymes réduit la charge sécrétoire sur le pancréas endommagé. Le pancréas doit produire moins de produit de lui-même, ce qui réduit la charge inflammatoire chronique et ralentit les dommages tissulaires supplémentaires.
L’activation sympathique inhibe la stimulation vague de la sécrétion pancréatique. Les animaux chroniquement stressés produisent moins d’enzymes digestives, ce qui entraîne une mauvaise absorption des nutriments et un environnement intestinal perturbé.
La fonction pancréatique diminue chez les chiens et chats vieillissants. Une carence enzymatique subclinique contribue à la perte de poids, à la fatigue et à un mauvais pelage chez les animaux âgés, même sans diagnostic d’IP.
Après une infection à la Giardia ou d’autres infections intestinales, la paroi intestinale est endommagée et la production locale d’enzymes (lactase, peptidase) dans les villosités est réduite. La supplémentation en enzymes soutient la digestion pendant la période de récupération, en plus du protocole Giardia.
Les croix secs extrudés ne contiennent aucune enzyme alimentaire active. Les animaux qui consomment uniquement de la nourriture sèche dépendent entièrement de la sécrétion endogène pancréatique. La supplémentation en enzymes compense le manque d’enzymes nutritives.
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Conclusion
Les enzymes digestives couvrent l’ensemble des besoins digestifs enzymatiques à travers huit composants complémentaires : enzymes centrales pancréatiques (amylase, lipase, protéase) pour tous les macronutriments, soutien de la phase gastrique via la pepsine et la bétaïne, enzymes protéolytiques végétales (bromélaïne, papaïne) avec une action anti-inflammatoire supplémentaire, et enzymes spécifiques au substrat (cellulase, lactase) pour les fibres végétales et le lactose.
La capsule résistante à l’acide gastrique garantit une activité enzymatique au bon endroit. Les enzymes digestives peuvent être utilisées dans un large éventail d’applications : pour l’IPE, la pancréatite chronique, les problèmes digestifs liés au stress, la récupération post-infectieuse et comme soutien enzymatique préventif chez les animaux pour animaux pour nourrir sèchement. Si une EPI est suspectée, un diagnostic et un accompagnement vétérinaires sont toujours nécessaires.
Littérature
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Ces informations sont de nature éducative et reposent sur la littérature scientifique disponible. Ce texte ne remplace pas une consultation vétérinaire et ne contient aucune revendication thérapeutique. Si une EPI est suspectée, un diagnostic vétérinaire est nécessaire.