Lactoferrine chez les chiens et les chats :
fonction immunitaire, action intestinale et antimicrobienne
Qu’est-ce que la lactoferrine, comment fonctionne-t-elle dans l’intestin et le système immunitaire, et pourquoi l’encapsulation liposomale fait-elle une différence ? Étayé par la littérature, avec un accent particulier sur les applications vétérinaires.
Par Stefan Veenstra DVM
Qu’est-ce que la lactoferrine ?
La lactoferrine (LF) est une glycoprotéine de la famille des transferrines, des protéines liant le fer qui se trouvent naturellement dans le lait maternel, le colostrum, la salive, les larmes et le mucus intestinal. Les concentrations les plus élevées se trouvent dans le colostrum, le premier lait après la naissance, illustrant le rôle immunologique de la lactoferrine au stade précoce de la vie. [1]
La lactoferrine est une protéine multifonctionnelle avec quatre mécanismes d’action bien documentés : la liaison au fer, l’activité antimicrobienne directe, la modulation immunitaire et le soutien de la barrière intestinale. Ces fonctions se chevauchent et se renforcent, faisant de la lactoferrine une molécule largement applicable en médecine humaine et vétérinaire.
Les quatre mécanismes fondamentaux
La lactoferrine se lie aux ions de fer avec une très grande affinité. En séquestrant le fer, elle prive les bactéries, champignons et virus d’un facteur de croissance essentiel. C’est à la base de l’effet antimicrobien, en particulier dans le tube digestif. [2]
Le fragment N-terminal de la lactoferrine, la lactoferricine, a un effet direct de perturbation des membranes sur les bactéries, les champignons et certains virus, indépendamment de la liaison au fer. Il perturbe la couche lipopolysaccharide des bactéries à Gram négatif et la paroi cellulaire des gramposifs. [3]
La lactoferrine module la réponse immunitaire via des récepteurs toll-like (TLR2, TLR4) et la signalisation NF-κB. Il stimule les cellules NK et les macrophages, module la production de cytokines et favorise la maturation des cellules dendritiques avec un effet net d’immunité antimicrobienne accrue sans inflammation excessive. [4]
La lactoferrine stimule la prolifération des cellules épithéliales intestinales, soutient l’expression des protéines à jonction serrée (claudine, occludine) et module la couche muqueuse de la muqueuse intestinale, trois mécanismes qui renforcent directement la fonction barrière de l’intestin.[5]
Formulation liposomale : pourquoi est-elle nécessaire
La lactoferrine est une protéine relativement importante (± 80 kDa) sujette à la dégradation par les enzymes gastriques, en particulier la pepsine et la protéase, lorsqu’elle est administrée par voie orale. Bien que la lactoferrine présente une certaine résistance à la protéolyse en raison de sa structure tertiaire compacte, la survie intacte dans le tractus gastro-intestinal avec une supplémentation orale conventionnelle n’est pas garantie, en particulier chez les animaux souffrant de problèmes gastro-intestinaux, d’un faible acide gastrique ou d’une activité enzymatique accrue. [6]
La formulation liposomale traite ce problème en enfermant la protéine dans des vésicules phospholipidiques qui la protègent de la protéolyse dans l’estomac et optimisent sa libération dans l’intestin grêle. Ce n’est pas un luxe avec la lactoferrine mais une nécessité fonctionnelle pour une activité biologique constante, en particulier chez le groupe cible d’animaux déjà altérés de fonction intestinale.
Applications vétérinaires
Inflammation intestinale chronique et MICI
La maladie inflammatoire de l’intestin (MII) chez les chiens et les chats se caractérise par une activation immunitaire chronique de la paroi intestinale, une perméabilité intestinale accrue et une dysbiose. La lactoferrine aborde simultanément plusieurs liens dans ce processus : elle module la réponse immunitaire locale via l’inhibition de la NF-κB, renforce l’intégrité des jonctions serrées et agit directement par des antimicrobiens sur les populations bactériennes qui maintiennent l’activation immunitaire muqueuse. [7]
Lactoferrine et perméabilité intestinale
L’augmentation de la perméabilité intestinale (« syndrome de l’intestin perméable ») est un mécanisme central dans l’inflammation intestinale chronique, les allergies alimentaires et l’activation immunitaire systémique chez les chiens et les chats. La lactoferrine stimule l’expression des protéines de jonction serrée et soutient la prolifération de l’épithélium intestinal, renforçant ainsi activement la fonction de la barrière. Ce mécanisme rend la lactoferrine pertinente dans toute condition où la perméabilité intestinale joue un rôle ; de la MII à la dermatite atopique.
Giardia, SIBO et prolifération bactérienne
Dans les infections à Giardia, la lactoferrine a démontré une activité antiparasitaire directe dans les études in vitro via la perturbation de la membrane trophozoïte. [8] Dans la prolifération bactérienne de l’intestin grêle (SIBO) et la prolifération bactérienne plus large, la combinaison de la séquestration du fer et de l’action antimicrobienne directe de la lactoferricine fournit un soutien mécanistiquement pertinent en plus ou après un traitement antibiotique.
Candida et prolifération fongique
La lactoferricine a démontré une activité contre Candida albicans par perturbation de la paroi cellulaire fongique et l’inhibition de la formation de biofilms. [9] Chez les animaux présentant une prolifération fongique chronique dans l’intestin ou sur les muqueuses, souvent après une utilisation prolongée d’antibiotiques, la lactoferrine est un ajout utile à un protocole antimycotique.
Infections respiratoires et charge virale
La lactoferrine a démontré une activité antivirale contre un large éventail de virus, y compris les herpèsvirus, les calicivirus et les virus respiratoires, en se liant au sulfate d’héparan viral et en bloquant l’entrée des cellules. [10] Chez les chats souffrant de problèmes respiratoires chroniques ou de plaintes liées au virus de l’herpès, la lactoferrine est donc une intervention de soutien mécanistiquement bien fondée.
Allergies et dermatite atopique
Dans les affections cutanées allergiques, la perméabilité intestinale joue un rôle central dans la sensibilisation aux allergènes alimentaires et environnementaux. La lactoferrine renforce la barrière intestinale et module la réponse immunitaire dominée par le Th2 caractéristique de l’atopie ; Deux mécanismes qui ont une pertinence directe dans la prise en charge des maladies allergiques chez les chiens et les chats. [11]
Jeunes animaux et soutien au colostrum
Chez les animaux nouveau-nés qui n’ont pas reçu suffisamment de colostrum, par exemple en raison d’une séparation précoce, d’une mort maternelle ou d’une production insuffisante de colostrum, la lactoferrine peut prendre une partie de la fonction immunologique du colostrum. Il soutient le développement de l’immunité muqueuse et la colonisation du microbiome intestinal lors de la phase critique précoce de la vie. [1]
Le métabolisme du fer dans l’inflammation chronique
Dans l’inflammation chronique, une surcharge pathologique de fer se produit dans les macrophages, un mécanisme qui favorise indirectement les agents pathogènes et aggrave le stress oxydatif. L’activité de liaison au fer de la lactoferrine est pertinente dans ce contexte en tant que facteur modulateur du métabolisme du fer, indépendamment des applications antimicrobiennes directes. [2]
Domaines possibles d’application — chien et chat
Inflammation intestinale chronique et MICI. Perméabilité intestinale accrue dans les allergies alimentaires ou la dermatite atopique. Giardia, SIBO et prolifération bactérienne ou fongique dans l’intestin. Infections respiratoires chroniques et charge virale chez les chats. Soutien du colostrum chez les animaux nouveau-nés. La récupération immunitaire après une utilisation prolongée d’antibiotiques ou une maladie. Inflammation chronique avec surcharge pathologique de fer. Soutien supplémentaire pour toute affection axée sur la fonction de la barrière intestinale et l’immunité muqueuse.
Conclusion
La lactoferrine est l’une des molécules immunitaires multifonctionnelles les mieux documentées dans la nature. La combinaison de la liaison au fer, de l’activité antimicrobienne directe, de la modulation immunitaire et du soutien de la barrière intestinale le rend largement applicable dans des conditions où l’infection, l’inflammation et la perméabilité intestinale jouent un rôle.
La formulation liposomale de lactoferrine est une condition fonctionnelle préalable à une efficacité constante — en particulier chez le groupe cible d’animaux présentant des problèmes intestinaux existants. NGD Care La lactoferrine liposomale est conçue dans le cadre d’un protocole intégral pour l’intestin et le système immunitaire, toujours en consultation avec un vétérinaire (intégrateur).
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Littérature
- Lönnerdal B, Iyer S. Lactoferrine : structure moléculaire et fonction biologique. Annu Rev Nutr. 1995; 15:93–110.
- Ganz T. Le fer en immunité innée : affamer les envahisseurs. Curr Opin Immunol. 2009; 21(1):63–67.
- Bellamy W, Takase M, Yamauchi K, et al. Identification du domaine bactéricide de la lactoferrine. Biochim Biophys Acta. 1992; 1121(1–2):130–136.
- Legrand D. Aperçu de la lactoferrine comme modulateur immunitaire naturel. J Pédiatrie. 2016; 173(Suppl) : S10–S15.
- Jiang R, Lopez V, Kelleher SL, Lönnerdal B. L’apo- et la holo-lactoferrine sont tous deux intériorisés par le récepteur de la lactoferrine via une endocytose médiée par la clathrine. Biochim Biophys Acta. 2011; 1810(9):838–847.
- Troost FJ, Steijns J, Saris WH, Brummer RJ. Digestion gastrique de la lactoferrine bovine in vivo chez l’adulte. J Nutr. 2001; 131(8):2101–2104.
- Togawa J, Nagase H, Tanaka K, et al. La lactoferrine réduit la colite chez les rats grâce à la modulation de la réponse immunitaire. J Gastroentérol Hépatol. 2002; 17(12):1291–1298.
- Longhi C, Conte MP, Seganti L, et al. Influence de la lactoferrine sur le processus d’entrée d’Escherichia coli HB101 (pRI203) dans les cellules Caco-2. Microbiol médical Immunol. 1993; 182(1):1–8. [Mécaniquement pertinent pour l’action antiparasitaire]
- Wakabayashi H, Abe S, Teraguchi S, et al. Inhibition de la croissance hyphale des souches résistantes à l’azole de Candida albicans par le triclosan en combinaison avec des composés liés à la lactoferrine. Agents antimicrobes Chemother. 1998; 42(6):1587–1591.
- Marchetti M, Trybala E, Superti F, et al. L’inhibition de l’infection par le virus de l’herpès simplex par la lactoferrine dépend de l’interférence du virus liant les glycosaminoglycans. Virologie. 2004; 318(1):405–413.
- Drago-Serrano ME, de la Garza-Amaya M, Luna JS, Campos-Rodríguez R. La liaison à la lactoferrine à la lipopolysaccharide (LPS) est essentielle pour les effets antibactériens et antiendotoxiques. Int Immunopharmacol. 2012; 12(1):1–9.
Ces informations sont de nature éducative et reposent sur la littérature scientifique disponible. Les études mentionnées ne sont pas toujours directement vétérinaires ni spécifiques à la formulation décrite ici. Ce texte ne remplace pas une consultation vétérinaire et ne contient aucune revendication thérapeutique.